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Financement CPF : qui paie, ce que l'employeur peut ajouter, comment un organisme devient éligible

Par Jérôme IavaronePublié le

Mis à jour le

La réponse courte

Le financement du CPF (compte personnel de formation) repose sur la Caisse des dépôts, alimentée par la contribution formation versée par les entreprises à l'URSSAF. Chaque titulaire choisit une formation certifiante dans cette enveloppe. L'employeur peut compléter ces droits par un abondement ; une participation forfaitaire de 150 € reste à la charge du salarié, sauf exonération.

Qui finance le CPF et comment ?

Le CPF (compte personnel de formation) n'est pas un budget de l'entreprise : chaque personne active dispose d'un compte individuel, alimenté en euros et mobilisable tout au long de sa carrière, y compris en cas de changement d'employeur ou de période de chômage.

Cet argent provient de la contribution à la formation professionnelle (CFP), que toutes les entreprises versent à l'URSSAF (site externe). France compétences, l'autorité nationale de financement de la formation, répartit ensuite ces sommes entre plusieurs destinataires, dont l'alimentation des comptes CPF.

C'est la Caisse des dépôts et consignations qui gère concrètement le dispositif : elle crédite chaque compte une fois par an, instruit les demandes de prise en charge et paie directement l'organisme de formation choisi, sans que l'argent ne transite par le compte bancaire du titulaire.

D'après le service-public.gouv.fr (site externe), l'alimentation annuelle dépend de la qualification du salarié :

Situation du salarié Alimentation annuelle Plafond du compte
Salarié qualifié, à temps plein ou à temps partiel 500 € 5 000 €
Salarié non qualifié (sans diplôme ou titre de niveau CAP) ou travailleur handicapé 800 € 8 000 €

Exemple : un salarié qualifié qui n'a jamais utilisé son CPF depuis 4 ans dispose, au maximum, de 2 000 € de droits mobilisables, dans l'attente de la prochaine alimentation annuelle.

Quelles formations peut-on payer avec le CPF ?

Le CPF ne finance pas toute action de formation : l'article L6323-6 du Code du travail (site externe) réserve son usage aux formations certifiantes (enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles, RNCP, ou au répertoire spécifique, RS), aux bilans de compétences, à la validation des acquis de l'expérience (VAE), à certains permis de conduire et à quelques actions liées à l'engagement citoyen.

Notre guide des formations éligibles au CPF détaille chaque catégorie, la méthode pour vérifier l'éligibilité d'une formation précise et ce qui en est exclu.

Le salarié doit-il payer une participation ?

Oui, dans la majorité des cas. Une participation forfaitaire obligatoire reste à la charge du titulaire du compte pour chaque dossier de formation : son montant est passé à 150 € à partir du 2 avril 2026, par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 (site externe).

Cette participation ne s'applique pas dans tous les cas : elle est exonérée notamment pour les demandeurs d'emploi, et lorsque l'employeur verse un abondement qui couvre le dépassement entre le solde du CPF et le coût réel de la formation. Le détail des exonérations et la distinction avec le reste à payer quand les droits ne suffisent pas sont expliqués dans notre page sur le reste à charge du CPF.

Comment l'employeur peut-il compléter le CPF d'un salarié ?

L'employeur n'a pas d'obligation générale de compléter le CPF de ses salariés, mais il peut le faire volontairement, ou y être tenu dans des cas précis fixés par la loi (défaut d'entretien professionnel dans les entreprises de 50 salariés et plus, par exemple).

Le versement, appelé abondement, s'effectue en ligne sur l'espace des employeurs et des financeurs (EDEF (site externe)) de Mon compte formation, avec les identifiants Net-entreprises de l'entreprise. Il peut s'agir d'une dotation ponctuelle pour soutenir un projet de formation précis, ou de droits supplémentaires versés dans le cadre d'un accord collectif.

Notre guide l'abondement du CPF par l'employeur détaille les deux types d'abondement, la démarche pas à pas et les cas où il devient obligatoire.

Exemple : une entreprise de 15 salariés souhaite qu'une assistante administrative obtienne un titre professionnel. Son CPF ne couvre que la moitié du coût : l'employeur verse le reste via l'EDEF, ce qui dispense également la salariée de la participation forfaitaire.

Le CPF peut-il servir pendant le temps de travail ?

Le CPF est un droit individuel : le salarié peut l'utiliser hors temps de travail sans en informer son employeur. S'il souhaite se former pendant son temps de travail, il doit demander une autorisation d'absence, dans les mêmes conditions qu'un congé de formation classique.

Certaines formations échappent à cette règle lorsqu'un accord de branche ou d'entreprise les a classées prioritaires : l'absence est alors accordée de droit, dans les conditions fixées par l'accord. Pour les formations qui dépendent de l'entreprise plutôt que du salarié, consultez notre guide du plan de développement des compétences.

Comment un organisme de formation devient-il éligible au CPF ?

Un organisme ne choisit pas unilatéralement d'« accepter le CPF » : il doit être référencé sur EDOF, le portail de la Caisse des dépôts dédié aux organismes de formation, pour que ses sessions apparaissent sur Mon compte formation et que les paiements lui soient versés directement.

Deux conditions cumulatives conditionnent ce référencement : une certification Qualiopi en cours de validité, pour chaque catégorie d'action proposée, et au moins une action de formation enregistrée au RNCP ou au répertoire spécifique, avec l'habilitation à former délivrée par l'organisme certificateur concerné. Nous ne détaillons pas ici les exigences de Qualiopi elles-mêmes, qui font l'objet d'un référentiel propre.

Une fois référencé sur l'espace des organismes de formation (EDOF) (site externe), l'organisme publie ses sessions, reçoit les inscriptions et perçoit le paiement de la Caisse des dépôts à l'issue de la formation, sans attendre un virement du titulaire. Le guide EDOF pour les organismes de formation détaille la procédure d'inscription et les pièces à transmettre.

Les termes techniques de cette page (CFP, RNCP, RS, VAE, EDEF, EDOF) sont définis dans le glossaire.

À retenir

  • Le CPF est financé par la contribution à la formation professionnelle versée par les entreprises à l'URSSAF et redistribuée par France compétences ; la Caisse des dépôts gère les comptes et paie les organismes de formation.
  • Un salarié qualifié voit son compte alimenté de 500 € par an, dans la limite de 5 000 € ; un salarié non qualifié, de 800 € par an, dans la limite de 8 000 €.
  • Depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 € reste à la charge du titulaire pour chaque formation, sauf exonération (demandeur d'emploi, abondement employeur couvrant le dépassement).
  • L'employeur peut compléter le CPF d'un salarié via l'espace des employeurs et financeurs (EDEF) de Mon compte formation, en dotation volontaire ou dans le cadre d'un accord collectif.
  • Un organisme de formation doit être certifié Qualiopi et proposer une action enregistrée au RNCP ou au répertoire spécifique pour être référencé sur EDOF et accepter les paiements CPF.

Questions fréquentes

Le CPF peut-il financer n'importe quelle formation ?
Non. Seules les formations certifiantes (RNCP, répertoire spécifique), les bilans de compétences, les validations des acquis de l'expérience, certains permis de conduire et quelques actions liées à l'engagement citoyen sont éligibles. La liste complète est détaillée dans notre guide des formations éligibles au CPF.
Qui paie la participation forfaitaire du CPF ?
Le titulaire du compte, sauf exonération. Depuis le 2 avril 2026, elle est fixée à 150 € par dossier. Elle n'est pas due par les demandeurs d'emploi, ni lorsque l'employeur abonde le compte pour couvrir le dépassement du coût de la formation.
Un employeur peut-il payer la formation CPF d'un salarié à sa place ?
Oui, par un abondement volontaire versé via l'espace des employeurs et financeurs (EDEF) sur Mon compte formation. Ce versement s'ajoute aux droits du salarié et peut couvrir tout ou partie du coût de la formation, y compris la participation forfaitaire.
Le salarié doit-il demander l'accord de son employeur pour utiliser son CPF ?
Non, si la formation a lieu hors temps de travail : le CPF est un droit individuel. Pendant le temps de travail, une autorisation d'absence de l'employeur est nécessaire, sauf pour certaines formations prioritaires fixées par accord de branche ou d'entreprise.
Comment un organisme de formation reçoit-il les paiements CPF ?
Il doit être référencé sur EDOF (portail de la Caisse des dépôts), ce qui suppose une certification Qualiopi valide et au moins une action enregistrée au RNCP ou au répertoire spécifique. La Caisse des dépôts verse alors directement l'organisme à l'issue de la formation.

Sources officielles consultées